Questions piégeuses du PASS : sept exemples commentés

8 min de lecture | Annales PASS | Mai 2026

Chimie et biochimie : là où les points se perdent

La sélection en PASS est sévère et laisse peu de place à l’approximation. Réussir tient moins à l’intelligence qu’à la méthode face à des QCM conçus pour classer les candidats. Les questions retorses sont celles qui piègent les candidats qui ont travaillé le cours, mais sans assez de précision.

Pièces d'échecs symbolisant la stratégie face aux pièges des QCM PASS
Brandon Giesbrecht, Flickr (CC BY)

La chimie et la biochimie concentrent une bonne part de ces pièges. Voici deux profils de questions classiques, suivis de profils en biologie cellulaire, en biophysique et en santé publique. Les énoncés sont des exemples d’entraînement, pas des sujets d’examen, et la numérotation des UE varie d’une université à l’autre : cette fiche range donc les exemples par matière.

Type 1 : la stéréochimie avec un carbone asymétrique oublié

Énoncé type : On propose une molécule à 4 carbones portant deux fonctions différentes et on demande de cocher toutes les propositions vraies parmi 5 : configuration R/S, activité optique, nombre d’énantiomères possibles, point de fusion du racémique, solubilité en milieu aqueux.

Corrigé et démarche : Le piège classique est de rater un carbone asymétrique discret, souvent le carbone portant un OH et deux chaînes de longueur presque identique. Méthode : identifier tous les carbones sp3 avant de répondre. Écrire les 4 substituants, les classer par numéro atomique selon les règles CIP. Si la question porte sur le racémique, rappeler que le mélange 50/50 R+S n’est pas optiquement actif mais que chaque énantiomère l’est.

Type 2 : cinétique enzymatique et inhibition mixte

Énoncé type : Un tableau Km apparent / Vmax apparent est donné pour une enzyme en présence de trois inhibiteurs différents. On demande de classer les inhibiteurs et d’en déduire l’effet sur la courbe de Michaelis-Menten.

Corrigé et démarche : Inhibiteur compétitif : Km augmente, Vmax est inchangé. Inhibiteur non compétitif : Km est inchangé, Vmax diminue. Inhibiteur mixte : les deux varient. Le piège est de ne retenir que les deux cas purs et d’oublier l’inhibition mixte. Toujours vérifier si l’inhibiteur peut se fixer sur l’enzyme libre ET sur le complexe enzyme-substrat.

Biologie cellulaire : quand elle se déguise en génétique

Type 3 : cycle cellulaire et points de contrôle

Énoncé type : Une cellule est bloquée en G2 par un agent chimique. On demande ce qu’il se passe au niveau des cyclines, des CDK, de la condensation de la chromatine et de la réplication de l’ADN.

Corrigé et démarche : En G2, la réplication est déjà terminée (elle se passe en phase S). Le piège est de confondre l’état de la chromatine (condensée en mitose, pas encore en G2) avec l’activité des cyclines B/CDK1 qui s’accumulent en G2. Si le checkpoint G2/M est activé, les cyclines B sont présentes mais CDK1 reste inhibée par Wee1. Une proposition affirmant que l’ADN est en cours de réplication en G2 est fausse. Pour le cadre général du parcours, voir l’article Wikipedia PASS.

Type 4 : épissage alternatif et nombre de protéines possibles

Énoncé type : Un gène contient 6 exons. Certains sont mutuellement exclusifs, d’autres constitutifs. On demande combien de protéines différentes peuvent théoriquement être produites.

Corrigé et démarche : Le calcul dépend de la nature des exons. Pour un groupe de n exons mutuellement exclusifs, une seule variante est retenue : le groupe compte pour n possibilités, et non pour 2ⁿ. Le piège classique : oublier qu’un exon constitutif est toujours présent, donc qu’il ne multiplie pas le nombre de variants. Dessiner les combinaisons sur le brouillon avant de calculer.

Biophysique : l’ennemi public des unités

Type 5 : loi de Beer-Lambert et absorbance de deux solutés

Énoncé type : Une solution contient deux solutés absorbant à la même longueur d’onde. On donne les coefficients d’extinction molaire ε1 et ε2, les concentrations et le trajet optique. On demande l’absorbance totale et la transmittance.

Corrigé et démarche : A totale = ε1 × c1 × l + ε2 × c2 × l (additivité). T = 10^(−A). Le piège classique : une réponse propose T = 1 − A, ce qui est faux. Une autre propose de multiplier les absorbances au lieu de les additionner. Toujours reconvertir les concentrations en mol/L et le trajet en cm pour coller aux unités de ε (L mol⁻¹ cm⁻¹).

Type 6 : électrocinétique et résistance interne

Énoncé type : Un circuit biologique modélisé par une pile avec résistance interne. On demande la tension aux bornes en charge et à vide et la puissance dissipée.

Corrigé et démarche : La tension aux bornes en charge est inférieure à la force électromotrice : U = E − r × I. Le piège : confondre puissance totale fournie (P = E × I) et puissance utile (P_utile = U × I). Les valeurs numériques peuvent être choisies pour que deux réponses soient très proches : recalculer deux fois.

Santé publique : évaluer un test de dépistage

Type 7 : sensibilité, spécificité et valeur prédictive

Énoncé type : Un test de dépistage donne les résultats d’une cohorte de 1 000 personnes. On fournit le tableau 2×2 complet. On demande Se, Sp, VPP, VPN et le rapport de vraisemblance positif.

Corrigé et démarche : Se = VP/(VP+FN). Sp = VN/(VN+FP). VPP = VP/(VP+FP). Le piège récurrent : inverser VPP et VPN, ou oublier que VPP dépend de la prévalence (contrairement à Se et Sp). Si la prévalence est très faible dans la population, même un test très sensible aura une VPP médiocre.

Repérer une question piégeuse avant de répondre

Cinq réflexes concrets à appliquer dès la lecture de l’énoncé :

  • Repérer les mots “tous”, “jamais”, “toujours”, “uniquement” : ils signalent souvent une généralisation abusive, donc une proposition à examiner de près.
  • Vérifier les unités systématiquement dans les questions de calcul : une conversion ratée peut faire cocher une proposition fausse comme vraie.
  • Relire la question après avoir lu les propositions : “on demande ce qui EST vrai” ou “ce qui N’EST PAS vrai”. La négation est un piège classique.
  • Sur un QCM à 5 propositions : si l’on est très sûr de 3 propositions et incertain sur 2, cocher ou non les incertaines dépend du barème de l’université (pénalité ou non). Il faut le connaître avant l’épreuve.
  • Sur les questions numériques : faire le calcul sur brouillon, vérifier l’ordre de grandeur, puis seulement regarder les propositions, sans laisser les chiffres proposés influencer le calcul.

S’entraîner en conditions d’examen, chronomètre en main, aide à appliquer ces réflexes sans paniquer devant un énoncé piégeux.

Questions sur les pièges des QCM

Dans quelles matières les pièges portent-ils sur les unités ?

Les pièges d’unités se concentrent dans les questions de calcul, en biophysique, en chimie et en statistiques : une conversion oubliée suffit à rendre une proposition fausse. La biologie cellulaire piège plutôt sur la précision du vocabulaire. La santé publique piège sur des définitions proches, comme la sensibilité et la valeur prédictive.

Existe-t-il un nombre fixe de questions piégeuses par épreuve ?

Aucun quota n’est publié, et chaque université compose ses propres épreuves. Mieux vaut apprendre le cours avec la précision attendue pour chaque proposition que chercher à deviner les pièges à l’avance.

Faut-il sauter les questions piégeuses pendant l’épreuve ?

Pas systématiquement. Si le piège est identifié, répondez avec confiance. En cas de doute sur une proposition isolée, la décision de la cocher ou non dépend du barème de votre université, qu’il faut connaître avant l’épreuve.

Les sujets sont-ils les mêmes d’une faculté à l’autre ?

Non. Chaque université compose ses propres épreuves et décide de les publier ou non. Les types de pièges se ressemblent, mais les formulations, le barème et le contenu des UE varient. Travaillez en priorité avec le programme de votre faculté.

Comment s’entraîner sur les questions piégeuses sans sujets de sa faculté ?

Reprenez les énoncés types de cette fiche, refaites le calcul sans regarder la correction, puis expliquez à voix haute pourquoi chaque proposition est vraie ou fausse. Le tutorat étudiant de votre faculté peut fournir des sujets de votre université. Un classeur des pièges rencontrés, thème par thème, sert de fiche de relecture avant l’épreuve.

Fiche rédigée par l’équipe d’Annales PASS.

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