LAS : fonctionnement du parcours et méthode d’entraînement
7 min de lecture | Annales PASS | Mai 2026
Comment fonctionne la LAS
La filière LAS (licence avec option accès santé) est souvent présentée comme une « alternative douce » au PASS. La réalité est une double charge de travail : il faut valider sa licence disciplinaire et préparer en parallèle les enseignements de santé. L’accès aux études de médecine, de maïeutique, d’odontologie, de pharmacie ou de kinésithérapie dépend des places et des règles de chaque université.

Concrètement, le volume d’enseignements de santé suivi en LAS dépend de l’université. L’accès aux filières de santé se prépare selon l’année de licence :
- LAS 1 : candidature possible après la première année de licence, selon les modalités de l’université, avec les notes des enseignements de santé. Ces enseignements varient d’un établissement à l’autre ; on y trouve par exemple de la chimie et de la biochimie, de la biologie cellulaire, de la biophysique et des sciences humaines et sociales.
- LAS 2 et LAS 3 : une candidature reste possible après la deuxième ou la troisième année de licence, selon les modalités de chaque université. Deux candidatures au plus sont possibles pour les filières MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie, kinésithérapie).
Les épreuves de santé prennent généralement la forme de QCM, avec une ou plusieurs réponses exactes parmi A, B, C, D, E. Le barème est propre à chaque université : la précision du cours compte donc autant que son étendue.
Travailler des QCM d’entraînement permet de comprendre le niveau de précision attendu et les formulations pièges. Cette fiche en propose trois, suivis d’une méthode de travail.
Trois exercices types
Les trois exercices suivants sont des exemples d’entraînement en chimie, en biologie cellulaire et en santé publique. Ils ne sont pas tirés d’épreuves réelles, et la numérotation des UE correspondantes varie d’une université à l’autre.
Exercice 1 : chimie organique et stéréochimie
Énoncé résumé : On vous présente une molécule avec deux carbones asymétriques et on vous demande d’identifier la configuration R/S, de déterminer si les deux formes sont énantiomères ou diastéréoisomères, puis de conclure sur les propriétés biologiques attendues.
Corrigé et démarche : La première erreur classique est de confondre l’ordre de priorité des substituants avec leur position spatiale. La méthode CIP (Cahn-Ingold-Prelog) s’applique carbone par carbone. On commence par classer les quatre substituants par numéro atomique décroissant, on oriente le substituant de priorité 4 vers l’arrière, puis on lit le sens de rotation de 1 à 3 en passant par 2. Piège récurrent : oublier que, si le substituant de priorité 4 est en avant du plan, il faut inverser la conclusion R/S. Pour distinguer énantiomères et diastéréoisomères avec deux centres asymétriques : si la configuration est opposée aux deux centres, les molécules sont énantiomères ; si elle n’est opposée qu’à un seul, elles sont diastéréoisomères. La méthode est mécanique : il suffit de l’appliquer dans l’ordre, sans sauter d’étape.
Exercice 2 : cycle cellulaire et mitose
Énoncé résumé : Une cellule humaine diploïde entre en mitose. On vous demande le nombre de chromatides à chaque phase, le rôle des kinétochores, et ce qui se passe lors d’un défaut de point de contrôle G2/M.
Corrigé et démarche : En G2, une cellule humaine 2n contient 46 chromosomes mais 92 chromatides, car chaque chromosome a été répliqué. En prophase et en métaphase, ce chiffre reste de 92. En anaphase, les chromatides sœurs se séparent : on compte alors temporairement 92 chromosomes à une chromatide chacun. Piège récurrent : confondre le nombre de chromosomes et le nombre de chromatides après la séparation. Les kinétochores sont des structures protéiques situées sur le centromère, auxquelles s’ancrent les microtubules kinétochoriens. Si le point de contrôle G2/M est défaillant, une cellule dont l’ADN n’est pas correctement répliqué peut entrer en mitose, ce qui expose à une aneuploïdie, mécanisme impliqué dans certains cancers.
Exercice 3 : santé publique et déterminants sociaux
Énoncé résumé : On présente des données épidémiologiques sur l’espérance de vie selon le niveau socio-économique en France. On demande d’identifier les déterminants de santé selon le modèle de Dahlgren et Whitehead, et de distinguer inégalités de santé et inégalités sociales de santé.
Corrigé et démarche : Le modèle de Dahlgren et Whitehead classe les déterminants en couches concentriques : biologique et génétique au centre, puis modes de vie individuels, réseaux sociaux, conditions de vie et de travail, et enfin conditions socio-économiques générales. Piège : confondre « inégalités de santé » (différences d’état de santé) et « inégalités sociales de santé » (différences liées à la position sociale, donc évitables et injustes). En France, l’espérance de vie varie nettement selon la catégorie socioprofessionnelle.
Méthode d’entraînement sur des QCM de LAS
Étape 1 : cartographier les chapitres surreprésentés
Sur plusieurs sujets d’entraînement, listez chaque thème rencontré et comptez sa fréquence. Les thèmes qui reviennent, comme la stéréochimie, les fonctions chimiques des biomolécules, le cycle cellulaire ou la réplication, méritent plus de temps de révision. Ce travail de cartographie permet d’orienter la suite des révisions.
Étape 2 : répondre avant de lire la correction
Faites l’exercice en conditions chronométrées, puis rédigez votre justification avant de regarder le corrigé. Cela force à verbaliser le raisonnement, et pas seulement à reconnaître la bonne réponse.
Étape 3 : analyser chaque erreur comme un piège codifié
Certains pièges reviennent d’un sujet à l’autre : inversion de signe (R/S, sens de rotation), confusion de niveau d’organisation (chromosome et chromatide), définitions voisines mais distinctes (prévalence et incidence, énantiomère et diastéréoisomère). Tenez un fichier de pièges personnels pour repérer ceux qui reviennent.
Étape 4 : simuler le barème de l’épreuve
Selon le barème de votre université, une réponse incomplète ou partiellement juste peut ne rapporter aucun point. Entraînez-vous à calculer votre score avec ce barème, et non un score « j’avais presque bon ». L’écart entre les deux explique souvent les mauvaises surprises le jour de l’épreuve.
Pour s’entraîner sur d’autres questions, voir passia.fr.
Questions sur la LAS et l’entraînement
Les épreuves de LAS sont-elles les mêmes que celles du PASS ?
Les deux parcours mènent aux mêmes filières de santé, mais les épreuves sont organisées par chaque université et leur contenu varie. Les enseignements de santé de la LAS dépendent aussi de la licence suivie. Renseignez-vous auprès de votre université sur les épreuves et leur barème.
Combien de sujets d’entraînement faut-il travailler avant l’épreuve ?
Il n’existe pas de nombre officiel. Mieux vaut travailler quelques sujets en profondeur, avec l’analyse de chaque erreur, que d’en survoler beaucoup. Les sujets de l’ancienne PACES, remplacée à la rentrée 2020, ne reflètent pas toujours le format actuel.
Où trouver les sujets et les corrigés de son université ?
Chaque université décide de ce qu’elle publie. Le tutorat étudiant de votre faculté et les associations étudiantes sont un bon point de départ. Un corrigé de tutorat peut contenir des erreurs : recoupez-le avec le cours.
Peut-on passer de la LAS au PASS, ou l’inverse ?
Les possibilités de réorientation entre PASS et LAS, comme les conditions de redoublement, sont fixées par chaque université. Renseignez-vous auprès du service de scolarité avant de choisir votre parcours.
Faut-il travailler les sciences humaines et sociales en LAS ?
Leur coefficient est fixé par chaque université et se lit dans le règlement des études. Ces matières se sous-estiment facilement parce qu’elles paraissent faciles, alors que leurs questions portent sur des définitions précises, par exemple la prévalence et l’incidence. Un vocabulaire flou y coûte des points.
Fiche rédigée par l’équipe d’Annales PASS.



